Le long chemin des unitariens: l'histoire de chrétiens courageux antitrinitaires

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Message par Admin le Lun 8 Juil - 18:43

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Le long chemin des unitariens: l'histoire de chrétiens courageux antitrinitaires


● Apparition de la doctrine de la Trinité

En 324, après avoir vaincu l’empereur Licinius, Constantin 1er constate que l’arianisme (ou unitarisme) est très répandu au sein de l’Empire romain d’orient.  
Selon Arius, le Fils, ayant été créé, donc tiré du néant, ne peut partager pleinement la nature divine du Père, il n’est pas Dieu. Seul le Père est Dieu, le Fils occupant une place intermédiaire entre le divin et la créature. Les partisans d'Arius professent que Jésus, fils de Dieu, est subordonné à son Créateur, de même que le Saint Esprit qu’ils considèrent comme un relais existant de toute origine entre Dieu et l'humanité.

Les opposants font, eux, valoir que le Fils est consubstantiel au Père, c'est-à-dire «ayant la même essence».
Craignant un schisme qui mettrait à mal l’empire, Constantin décide de réunir un concile afin de rétablir la paix religieuse. L’empereur affirme son autorité dans le domaine religieux, il inaugure ainsi le césaropapisme  (pouvoir temporel et spirituel), la politisation de la religion qui va entraîner une déviation de l’enseignement de Jésus.  Constantin intervient dans les querelles théologiques et ouvre en personne le concile de Nicée en 325. Il impose le symbole de Nicée qui affirme la croyance en Dieu et  Jésus-Christ de « même substance » et au Saint-Esprit.
Le dogme trinitaire commence à se mettre en place. L’édit de Thessalonique en 380 et le concile de Constantinople en 381 aboutiront à sa définition complète :
« nous croyons en l'unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité. » édit de Thessalonique.
« L’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père ; avec le Père (et le Fils) il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes.» concile de Constantinople

Lien - La mise en place de la doctrine de la Trinité

La thèse d’Arius est rejetée par majorité et non par démonstration et l'empereur menace les quatorze récalcitrants qui ne se rallient pas à la majorité trinitaire.
La doctrine d’Arius, dont le principal adversaire est  Athanase, est condamnée lors du concile, et Arius anathématisé et voué à l'exil, avec deux autres évêques.
Les livres d'Arius sont brûlés et sa voie est  appelée l'hérésie d'Arius, ses partisans et ceux qui soutiennent la même conception sont considérés, jusqu'à nos jours, des ennemis du christianisme.


● Découvrons et rendons hommage à quelques chrétiens qui se sont courageusement opposés à la doctrine de la Trinité

La plupart des chrétiens unitaristes (rejettent la Trinité) sont aussi anabaptistes (prônent le baptême du croyant adulte, conscient et consentant) et anticléricaux (rejettent l’existence d’un clergé prééminent et maintenant la population dans l’ignorance).  


1494 - Le parti mineur des Frères de Bohème anabaptistes, anti-trinitaires et anti-cléricaux est créé. Il dérive d’un groupe de chrétiens installé à Kunvald et composé essentiellement d’Hussites et de Vaudois tchèques et allemands auxquels se sont joints  de nombreux bourgeois et une partie de la noblesse.


1524, Jan Kalenec, dirigeant du parti mineur des Frères de Bohème est flagellé et torturé au moyen du feu par l'Inquisition catholique, puis finit avec trois autres sur un bûcher.


Erasme (1467-1536) d’où dérive le nom du  programme européen d’échange pour les étudiants et les enseignants ERASMUS, est un chanoine régulier de saint Augustin, philosophe , humaniste et théologien des Pays-Bas bourguignons, considéré comme l’une des figures majeures de la culture européenne. Érasme a milité pour la paix en Europe. Cet engagement européen est fondé sur son cosmopolitisme : « Le monde entier est notre patrie à tous ».
Extrêmement critique envers l’Église, dont il écrit qu'elle a « été fondée par le sang, confirmée par le sang, accrue par le sang » (Éloge de la folie, LIX), il refuse cependant de suivre les protestants parce qu’ils nient le libre arbitre de l’homme.  Il a maintes fois critiqué l’attitude du clergé et des papes, dont les comportements lui semblaient en opposition avec les évangiles.
Erasme dit que Philippiens 2 : 6, le principal texte avancé par le clergé contre les ariens, ne prouve vraiment rien (surtout si l’on lit la suite).
Particulièrement instruit, il maîtrise le latin et le grec. Sa connaissance du grec le persuade que certaines parties de la Bible présentes dans la Vulgate latine, n’ont pas été correctement traduites. Il décide donc de faire imprimer le Nouveau Testament grec.
Pour réaliser ce Nouveau Testament (1516) grec, Érasme dispose de manuscrits grecs au nombre de six ou sept (Minuscule 1, 2, 817, 2814, 2815, 2816, 2817). Il en fait une nouvelle traduction latine pour faire voir les différences avec la Vulgate.
Erasme supprime de son Nouveau testament l’ajout trinitaire falsifié de 1 Jean 5 :7 dans sa première édition du Nouveau Testament en grec (1516) et dans la seconde (1519). Lorsqu’on le blâme pour cette omission, il répond que si quelqu’un lui montre un manuscrit grec où figure le passage en question, il l’insérerait dans le texte. On porte alors à son attention le Codex Montfortianus du XVIème siècle, qui contient ce passage. Erasme se sent alors obligé de faire figurer la variante dans sa troisième édition (1522), et c’est cette édition que Tyndale utilise dans sa traduction du Testament grec (1525). De Tyndale, ce verset a passé dans la version du roi Jacques. Sa véracité est universellement contestée par les hellénistes et les éditeurs du texte grec du Nouveau Testament.

Quelques années après sa mort, en 1543, les livres d’Erasmus sont brûlés publiquement à Milan en même temps que ceux de Luther.


En 1529,  Hélène Weigel a 70 ans quand elle est jetée dans une geôle, accusée d’hérésie suite à une dénonciation de l’évêque du lieu. Elle soutient l’unicité de Dieu et rejette la Trinité.
H. Weigel est emprisonnée depuis deux ans quand Michel Servet rédige son premier écrit anti-trinitaire, (De Trinitatis erroribus 'les erreurs de la Trinité').
Elle sera emprisonnée pendant 10 ans, avant que le châtiment suprême lui soit infligé.
Le 15 Avril de l’an de grâce 1539, H. Weigel est brûlée vive à Cracovie à l’âge de 80 ans. Cette femme courageuse est restée fidèle à Dieu jusqu’à la fin.


1533 - Johannes Campanus (1500-1575) est un prêcheur anabaptiste flamand qui dans les années 1530 parcourt la Rhénanie en propageant l’antitrinitarisme. Il publie « En opposition au monde entier depuis les apôtres sans lequel il enseigne que seuls sont divins le Père et le Fils et que le Saint-Esprit n’est pas une personne mais représente la puissance divine.
En 1533, il se fait arrêter et passe 26 ans dans les prisons de Clèves.


1535 - David Joris (1501-1556) -  il est le fondateur des joristes, des anabaptistes antipédobaptistes unitariens non violents (opposés au baptême des enfants et au dogme de la Trinité). Il écrit un grand nombre d'ouvrages (226).
Un édit de Charles Quint de 1535 exige leur extermination complète même pour les anabaptistes repentants ou les citoyens simplement suspects de sympathie anabaptiste. Rien qu'en 1546 plus de 30 000 anabaptistes sont exécutés en Hollande et en Frise (archipel). Beaucoup se réfugient d'abord en Allemagne et en Angleterre puis de là ultérieurement aux États-Unis, seule terre de vraie liberté par rapport à l'intolérance calviniste (les anabaptistes émigrent en même temps que les Puritains qui subissent la même répression en Angleterre).

Les joristes sont franchement hérétiques, à tel point qu'ils vont s'attirer les foudres directes de Calvin et de l'Église réformée de Hollande, opposée à toute forme de liberté de conscience, et qui vont jusqu'à les dénoncer à l'Inquisition espagnole ou à opérer eux-mêmes le travail de répression et d'extermination !


1550 - Jeanne Bocher est brûlée vive en Angleterre, au début du règne d’Edouard VI, suite à sa condamnation pour hérésie. La jeune femme est anabaptiste et antitrinitaire.  Malgré les pressions exercées sur elle afin de lui faire abandonner ses opinions, Jeanne Bocher refuse de se rétracter et  reste fidèle à ses convictions – affrontant courageusement les flammes dans une douleur extrême et indescriptible.
Un Hollandais nommé Georges Van Pare est supplicié en même temps avec le même courage.

Lien - Jeanne Bocher


1550 – Mort des derniers Frères moraves. A partir de cette date, on n’a plus de traces du parti mineur des Frères de Bohème.


1553 – Michel Servet est torturé et brûlé vif à petit feu avec une cruauté indescriptible à Champel, près de Genève, le 26 octobre 1553, suite à la condamnation de Calvin.

Dès l’âge de 20 ans, il a le courage, seul, de rejeter la doctrine de la Sainte Trinité dans un petit livre publié en 1531 sous le titre De trinitatis erroribus (Les erreurs de la Trinité). Il y déclare notamment : «L'essence divine est indivisible... il ne peut y avoir dans la Divinité diversité de personnes».
Il pense aussi que l’utilisation des images est contraire aux Écritures.  Servet reste seul dans sa quête de la vérité.
Michel Servet a été brûlé en effigie par les catholiques et brûlé vif par les protestants calvinistes.

Pour en savoir plus : Lien - Michel Servet

Le réformé Sébastien Castellion prend sa défense dans un pamphlet contre Calvin qui marque une première revendication de liberté religieuse : il écrit que « tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle ». Il ajoute : « Servet a combattu avec des arguments et des écrits : il fallait le combattre par des arguments et des écrits » [4, p. 161]. Calvin prétend obéir au Christ et se battre pour son honneur. Castellion l'apostrophe : « Nous diras-tu, à la fin, si c'est le Christ qui t'a enseigné à brûler des hommes ? ».

Castellion publie en 1555 une traduction de la Bible, Ancien et Nouveau Testament qui s’adresse aux ignorants, non aux lettrés, et dans laquelle il emploie le langage populaire.
En 1562, plus de 30 ans avant l’édit de Nantes, Castellion publie Conseil à la France désolée, où il plaide pour qu’on laisse « les deux religions [catholique et protestante] libres, et que chacun tienne sans contrainte celle des deux qu’il voudra ». Le synode réformé de Lyon en 1563 condamne ce livre.
En 1563, Sébastien Castellion (1515-1563) écrit son dernier ouvrage : « De l’art de douter et de croire, d’ignorer et de savoir » dans lequel il exprime des conceptions rationalistes et antitrinitaires opposant le symbole d’Athanase à la raison et à la Bible. Ce livre ne sera pas publié de son vivant.


1558 - Piotr de Goniądz, en latin Petrus Gonesius (1525-1573) est un écrivain politique et religieux polonais, un des chefs spirituels des Frères polonais.

A l'Université de Padoue, l’un de ses professeurs, Mateo Gribaldi, un ami de Michel Servet, le persuade de la justesse des idées de Servet. Piotr de Goniądz se convertit au protestantisme et retourne en Pologne en 1555. Il accepte le baptême des adultes.
Il est alors également influencé par les opinions des Frères bohémiens Hussites en ce qui concerne le pacifisme chrétien, la fraternité et l'égalité qui doivent régner parmi le peuple chrétien.
En 1558, il est excommunié au synode de Pińczów en raison de ses idées antitrinitaires.
Piotr devient le chef de la communauté protestante locale et l'un des chefs les plus remarquables de la communauté antitrinitariste de Pologne.

Piotr de Goniądz considère que seule la Bible est la Parole de Dieu et le fondement de la foi. Il est opposé au dogme de la Trinité, il affirme que le Jésus préhumain, comme Logos, est le représentant principal de Dieu. Il défend  le baptême des adultes en opposition avec le baptême des enfants. Il défend  l'égalitarisme, le pacifisme et le mépris pour la vie mondaine. Il s'opposé à la peine de mort, en particulier en cas d’intolérance d’opinion. Piotr s'oppose aussi fermement au servage, ce qui conduit à des conflits constants même avec son protecteur.

Pour aller plus loin       Lien - La Petite Eglise polonaise


1562 - Giorgio Biandrata  est un médecin italien. Poursuivi par l’inquisition de Pavie puis par celle de Calvin, il s’exile en Pologne.
Après avoir participé à l’organisation de la Petite Église polonaise antitrinitaire ou unitarienne fondée par les Frères polonais,  Biandrata quitte la Pologne en 1562 pour retourner en Transylvanie.
Il devient le médecin de cour du prince Jean II Sigismond Zapolya. Là il fait connaissance de l'évêque de l'Eglise réformée de Transylvanie Ferenc David à qui il donne un exemplaire de la célèbre Christianismi Restitutio (la Restauration du christianisme) de Michel Servet, le convertissant à l'anti-trinitarisme (ou unitarisme).
L'action des unitariens locaux comme Gonesius est renforcée par son arrivée.


1566 – Le Hongrois Ferencz Dávid, ancien catholique, évêque luthérien devient antitrinitaire sous l’influence de Geoges Biandrata et embrasse les idées de Michel Servet.
Le mouvement  unitarien se développe. Dávid, suivi par la population de Cluj-Napoca, la majorité de l'élite intellectuelle et de la noblesse hongroise, et par le roi lui-même, devient ainsi unitarien.


1568 - Le prince hongrois Jean Sigismond de Transylvanie fait accepter à la Diète de Torda, un édit de tolérance religieuse, le premier en Europe. Création de la première Eglise unitarienne de Transylvanie par Ferencz Dávid (cette église existe toujours).


1571 – A la mort de Jean Sigismond (Jean II roi de Hongrie), débute la persécution des unitariens de Transylvanie. Ils rejoignent alors l’Eglise réformée ou fuient en Pologne.


1579 - Les Italiens Lelio et Fausto Socin (Sozzini) rejoignent la Petit Eglise polonaise.
En novembre, Ferencz Dávid décède en prison, il avait été condamné à l’emprisonnement à perpétuité. Personne n’a eu le droit de le visiter.


1611 - Iwan Tyszkiewicz qui a joint l'Église protestante antitrinitaire des Frères Polonais est condamné pour blasphème alors qu’il prêche avec zèle sa nouvelle foi. Refusant de se rétracter, il est condamné à mort par un tribunal polono-lituanien. Le jugement est porté en appel devant la cour royale, mais le procureur confirme la peine capitale.
L'exécution a eu lieu en 1611 sur la place du grand marché de Varsovie. Pour le punir d’avoir blasphémé contre Dieu, le bourreau coupe la langue de Tyszkiewicz. L'ex-catholique est ensuite brûlé vif pour hérésie.


1655 - John Biddle (1615-1662), un antitrinitariste anglais influent, publie son catéchisme (antitrinitaire). Il considéré comme le père de l’Unitarisme en Angleterre. On lui attribue la traduction en anglais du catéchisme de la Petite Église polonaise. À 26 ans, il devient recteur de la Crypt Grammar School, école liée au séminaire de la Cathédrale de Gloucester, et comme il est censé enseigner le catéchisme anglican, il se plonge dans l’étude de la Bible. Il conclut de ses lectures que la doctrine de la Trinité ne vient pas de la Bible, et entreprend dès lors de publier ses propres idées sur la nature de Dieu.
En 1655, il est banni et part en Islande.


Isaac Newton (1643-1727), le physicien, mathématicien, astronome, philosophe de la nature, alchimiste et théologien anglais célèbre pour sa découverte de la gravité, passe bien plus de temps à l’étude de la Bible qu’à ses recherches scientifiques. Il déclare : « j'ai une croyance totale dans la Bible comme Parole de Dieu, écrite par ceux qu’il a inspirés. Je l’étudie tous les jours».

Il rédige « An Historical Account of Two Notable Corruptions of Scripture » (publié après sa mort en 1754). Newton y examine méthodiquement toutes les preuves disponibles à partir des textes anciens concernant ces deux passages bibliques et dévoile la falsification de deux versets des Écritures : 1Jean 5 :7 et 1Timothée 3 :16.

Lien - Isaac Newton


1696 - Thomas Aikenhead, un étudiant écossais inscrit à l'Université d'Édimbourg, est accusé d’injures envers la théologie, les Saintes Écritures ainsi que la Trinité, dont témoignent cinq "amis".
Le parquet fut représenté par Jacques Stuart, qui demande la peine de mort en invoquant une loi de 1661 punissant de mort aux injures envers la Trinité. L'accusé n'a pas d'avocat ni de conseil.
Le 24 décembre 1696 Aikenhead est condamné à mort pour blasphème et la cour ordonne qu'il soit pendu avant d’être brulé.


1703 - Thomas Emlyn (1663-1741) est un ministre presbytérien anglais. L’Église anglicane exerce alors un grand pouvoir. ll est expulsé de son office à Dublin après avoir confessé être unitariste. Il publie en 1702 An Humble Inquiry into the Scripture Account of Jesus Christ (Une humble étude du compte rendu des Écritures sur Jésus-Christ) où il démontre clairement, Bible à l’appui, que Jésus ne peut pas être le Dieu suprême. Il cite par exemple les verstes suivants :
Jean 17:3 : « Jésus n’est jamais appelé le Dieu suprême, ni le Dieu unique. »
Jean 5:30 : « Le Fils n’accomplit pas sa propre volonté, mais la volonté de son Père. »
Jean 5:26 : « Sa vie lui vient du Père. »
Éphésiens 1:3 : « Jésus est souvent appelé le Fils de Dieu ; par contre, le Père n’est jamais appelé le Père de Dieu, alors qu’il est souvent appelé le Père de notre Seigneur Jésus. »

Après une analyse complète, Emlyn a catégoriquement déclaré : « Il n’y a pas un seul passage des Saintes Écritures où l’on puisse prétendre que le Père, le Fils et le Saint Esprit sont expressément présentés comme un seul et même être. »

Il est condamné à une amende de 1000 £ et un an de prison pour blasphème.
Dans son Récit authentique du procès (angl.), il déclare qu’on lui a reproché d’avoir « écrit et publié un livre dans lequel, dit-on, j’avais de manière blasphématoire et malveillante affirmé [...] que Jésus Christ n’était pas égal à Dieu le Père ». Le procès n’a été qu’une mascarade. Sept évêques de l’Église d’Irlande siégeaient aux côtés des juges. Emlyn n’a pas été autorisé à parler pour sa défense.
Mais comme il ne peut pas payer l’amende, il reste deux ans en prison, jusqu’à ce qu’un ami convainque les autorités de réduire le montant de l’amende. Il est libéré le 21 juillet 1705. Les injustices qu’il a subies l’ont poussé à faire la déclaration citée plus haut : « Je souffre pour ce que je pense être sa vérité et sa gloire [celles de Dieu]».


1710 - William Whiston (1667-1752) : Mathématicien, physicien, historien, professeur d'université, philosophe, théologien anglais a collaboré avec le scientifique anglais Isaac Newton. Whiston est aussi connu pour avoir traduit en anglais les écrits de Flavius Josèphe, historien juif du Ier siècle. Les Œuvres de Josèphe nous en apprennent beaucoup sur l’histoire des Juifs et le monde dans lequel vivaient les premiers chrétiens. Whiston rejette le dogme de l’enfer de feu. Il le considère comme absurde et cruel, et même insultant pour Dieu. Mais ce qui l’oppose surtout aux responsables de l’Église, c’est son rejet de la Trinité.

« Whiston a mis en œuvre ses talents de scientifique pour chercher, réfléchir et tirer des conclusions dans le domaine religieux. Ses croyances antitrinitaires et sa foi dans le christianisme primitif lui venaient de ses nombreuses lectures et de sa profonde réflexion » (Robert Bruen).
Ses amis l’avertissent qu’il est risqué de publier ses découvertes, mais il ne peut se taire face à ce qu’il considère comme une tromperie sur la véritable nature de Jésus, à savoir qu’il est le Fils de Dieu et a été créé.
Le 30 octobre 1710, devant son refus de reconnaître qu'il est dans l'erreur, on lui retire son professorat, et son expulsion de l'université de Cambridge est prononcée de manière solennelle. Il est prêt à renoncer à la belle carrière qui s’offre devant lui afin de rester fidèle à ses convictions.
Alors même qu’il est accusé d’hérésie, il écrit le Christianisme primitif rétabli. L’expression « christianisme primitif » désigne le christianisme de départ, celui que pratiquaient les premiers disciples de Jésus. Par la suite, Whiston fonde la Société de promotion du christianisme primitif.
Malgré la perte de son poste de professeur et ses difficultés financières, Whiston continue d’écrire et de donner des conférences dans des cafés de Londres.
Whiston a été accusé d’hérésie, mais n’a jamais été condamné.


1712 - Samuel Clarke (1675-1729) est un théologien britannique, ami d’Isaac Newton. Il publie en 1712 un traité de la Trinité, qui le fait passer pour antitrinitaire et lui attire quelques difficultés. Jean-Jaques Rousseau lui rend hommage.


1774 et 1784 - La première église unitarienne en Angleterre est créée en 1774 et la doctrine apparaît officiellement aux États-Unis en 1784 avec James Freeman (1759-1835). Freeman rejette aussi l’existence pré-humaine de Jésus (d’autres unitariens comme « the Arian liberal Congregationalists of New England” acceptent l’existence pré-humaine de Jésus).


1786 - Joseph Priestley (1733-1774) est un enseignant-chercheur, scientifique, théologien, pasteur dissident, philosophe naturel, pédagogue et théoricien de la politique anglais qui publie plus de cent cinquante ouvrages. Connu pour ses travaux de chimiste et de physicien, on lui attribue généralement la découverte en 1774 de l'oxygène qu'il a isolé dans son état gazeux.
Les recherches scientifiques de Priestley sont intimement liées à sa réflexion théologique.
Le but de Priestley est de « mettre les idées et les avancées des Lumières au service d'un christianisme rationnel, quoique hétérodoxe, sous l'égide des principes fondamentaux de la méthode scientifique »

Priestley s’oppose ainsi aux dogmes et au mysticisme religieux. Il se concentre sur l’analyse rationnelle de la nature et de la Bible.
Il souhaite que le christianisme revienne à sa forme « primitive » ou « pure », par l'élimination des « corruptions » qui se sont accumulées au fil des siècles. Il considère Corruptions comme l'ouvrage le plus précieux qu'il ait jamais publié.
Priestley poursuit sa pensée avec, en 1786, un titre provocateur : An History of Early Opinions concerning Jesus Christ, compiled from Original Writers, proving that the Christian Church was at first Unitarian.
Si quelques lecteurs, tels Jefferson et autres Dissidents rationnels, approuvent l'ouvrage, il est, dans l'ensemble, sévèrement critiqué pour ses positions théologiques extrêmes, en particulier pour son rejet de la Trinité.
Il expose clairement sa foi dans le socinianisme.
La nature controversée de ses publications, tout autant que son net soutien à la Révolution française lui valent d'éveiller la méfiance du public et du gouvernement. Sa maison et son église sont incendiées par des émeutiers, en 1791.
La vie devient de plus en plus difficile : Priestley, en compagnie de Thomas Paine, est brûlé en effigie ; de perfides caricatures politiques, des lettres lui sont envoyées de partout, le comparant au diable et à Guy Fawkes ; les commerçants en viennent à craindre de traiter avec la famille, et même les collègues et amis de la Royal Academy prennent leur distance.
En 1794, Priestley décide d'émigrer en Amérique avec sa famille, aspirant à jouir de la liberté politique et religieuse.  Au cours du voyage le conduisant vers son nouveau foyer à Northumberland, le couple s'arrête à Philadelphie, où Priestley fait plusieurs sermons et participe à la fondation de la First Unitarian Church of Philadelphia.

Il meurt en 1804.


1805 - L’unitarien américain John Sherman publie One God in One Person Only.


1824 – L’ancien Pasteur baptiste Henry Grew rédige une refutation étayée de la Trinité intitulée  An Examination of the Divine Testimony Concerning th Character of the Son of God.
Il y déclare par exemple :
"Quant à ce jour-là, et à cette heure-là, aucun homme ne sait, ni les anges qui sont dans les cieux, ni le Fils, mais le Père seul " (Marc 13:32). Observez la progression : l’homme, les anges, le Fils, le Père. [...] Notre Seigneur nous enseigne que seul le Père connaissait ce jour, ce qui serait faux si, comme certains le prétendent, le Père, la Parole et l’Esprit Saint étaient trois personnes en un seul Dieu ; car, selon cette [doctrine de la Trinité ,] le [...] Fils devait le savoir aussi bien que le Père. ".


1830 – Organisation de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (ou église mormone). Joseph Smith, premier président et prophète de l’église enseigne que le Père et le Fils sont bien deux êtres distincts, cependant, selon lui, Jéhovah de l’ancien testament correspond à Jésus-Christ dans le nouveau Testament. Il croit également que l’esprit saint est une personne.  Lien - Jéhovah / Jésus


1831 – Le Pasteur genévois Jean-Jacques Caton Chenevière publie un essai sur la Trinité intitulé Du système théologique de la Trinité dans lequel, il s’emploie à démontrer que  "le dogme de la Trinité formulé à l’issue des conciles n’est pas en conformité avec la Bible. Ce dogme, en effet, est contraire à l’enseignement de l’église primitive et s’oppose à la raison laquelle est un don de Dieu."


1833 – L’unitarien Andrews Norton écrit Des raisons de ne pas croire aux doctrines des trinitaires, au sujet de la nature de Dieu et de la personne de Christ.


1850 – L’Américain John Thomas publie Elpis Israel : an exposition of the kingdom of God with reference to the time of the end and the age to come qui marquera le début du christadelphisme. John Thomas y développe les principales doctrines de la Bible et notamment son rejet de la Trinité tout en niant la pré-existence de Jésus-Christ. Les christadelphes (du grec christos et adelphoi, « Frères en Christ ») sont aujourd’hui composés d’environ 50 000 chrétiens répartis dans 120 pays.
Ils enseignent que la réconciliation avec Dieu est possible en devenant disciple de Jésus-Christ, à travers la croyance en ses enseignements, la Repentance et le Baptême par immersion totale dans l’eau.
Bien qu’ils soient sauvés par leur foi en la grâce de Dieu, les croyants doivent vivre en accord avec les enseignements de la Bible. Ils ne croient pas en l’immortalité de l’âme. Après la mort, les croyants sont dans un état de non-existence, ne connaissant rien jusqu’à la résurrection au retour du Christ.


1853 – Alexander Hislop, pasteur de la East Free Church of Arbroath (Ecosse) publie un livre intitulé Les deux Babylon dans lequel il révèle les véritables origines de la croyance trinitaire.


1858 - Gilbert Cranmer fonde l'Eglise de Dieu (Septième jour), mouvement non trinitaire. Cette église n'est pas l'Eglise Adventiste du 7ème jour qui sera fondée deux ans plus tard. L'Eglise croit en la repentance suivie du baptême par immersion., au retour du Christ littéral et imminent, au paradis terrestre...


1860 – Fondation de l’Eglise adventiste du 7ème jour à Washington. Cette église sera officiellement antitrinitaire jusqu’en 1931, date à laquelle la foi trinitaire sera réintroduite.


1860 à 1879 : Georges Storrs, membre du mouvement adventiste, publie le magazine The Bible Examiner dans lequel il expose régulièrement le caractère non fondé du dogme trinitaire. Il prêche contre l'esclavage, ce qui lui vaut une arrestation. En 1837, il lit un tract de Henri Grew qui le convainc de l'état d'inconscience des morts dans la Bible. Il comprend que l'enfer de feu n'existe pas et que les méchants seront simplement détruits. Il enseigne que les méchants auront une seconde chance de connaître Dieu après leur résurrection sur terre.  Charles Taze Russell collabore avec lui les dernières années de sa vie, écrivant certains articles du Bible Examiner.


1870 – Création du groupe des Etudiants de la Bible d’Allegheny sous l’impulsion de Charles Taze Russell qui deviendra plus tard lAssociation internationale des étudiants de la Bible. Leur objectif est de rétablir le véritable christianisme tel qu’il était enseigné au premier siècle, les traditions chrétiennes contenant de nombreuses erreurs. Création également de la société watchtower.
Ces étudiants de la Bible rejettent la doctrine de la Trinité. Pour eux, l’esprit saint est la manifestation de la puissance de Dieu.
Ils rejettent la croyance en un enfer de feu, les morts justes et les méchants attendant, « endormis », la résurrection qui aura lieu pendant le règne millénaire.
Russell commet quelques erreurs en datant le retour invisible du Christ en 1874 et en croyant que la pyramide de Khéops constitue un modèle prophétique de la chronologie biblique. En 1907, il prédit qu'Har-Maguédôn surviendrait durant l'année 1914.


1879 – Première parution du magazine chrétien Zion’s Watch Tower (aujourd’hui The Watchtower, la Tour de Garde) par Charles Russell. Le tirage n’a jamais été interrompu jusqu’à ce jour et atteint 42 millions d’exemplaires par an. La revue est distribuée dans 236 pays et territoires dans le monde.

Lien - Tirage Watchtower


1914- Felix Manalo crée, aux Philippines, L'Iglesia ni Cristo, un mouvement chrétien unitariste. Aujourd’hui, ce mouvement compte environ 3 millions d’adeptes dans 151 pays. Ils pratiquent le baptême par immersion des adultes qui font le choix de vouer leur vie au Christ.
Sur leur site, sont exposées dix preuves indiquant que Jésus-Christ n’est pas Dieu.    - Lien - Preuves que Jésus n'est pas Dieu


1917 – Après le décès de Charles Taze Russell en 1916, le Suisse Alexandre Freytag, responsable de filiale, quitte les étudiants de la Bible et fonde l’Association des Amis de l’Homme, mouvement demeuré antitrinitaire.


1919 – Paul Samuel Léo Johnson quitte également les étudiants de la Bible et fonde le "Mouvement missionnaire intérieur laïque » (MMIL) antitrinitaire présent aujourd'hui dans 40 pays. Le MMIL subira lui-même plusieurs schismes par la suite.


1931 – Les étudiants de la Bible rattachés à la Watchtower prennent officiellement le nom de Témoins de Jéhovah afin de les distinguer des étudiants de la Bible restés attachés aux travaux de Charles Russell.


1934 – Herbert W.Armstrong anime la Radio Church of God qui deviendra l’Eglise universelle de Dieu en 1968.
Il fonde le magazine The Plain Truth (La Pure Vérité) et, en 1947, l’Ambassador Collège à Pasadena (Calofornie), qui propose aux jeunes de « découvrir les vraies valeurs », celles qui garantissent le bonheur et le bien-être.
L’Eglise, rebaptisée Grace Communion International depuis le 16 avril 2009, compte environ 100 000 membres «baptisés» répartis dans 120 pays. En France l'association Le Monde à venir (siège à Paris), regroupe à peu près 300 adhérents.  Ce mouvement chrétien qui a présenté de grandes similitudes avec les Témoins de Jéhovah : rejet de la Trinité, de la croix, croyance en un paradis terrestre, l’âme n’est pas immortelle, l’enfer de feu lieu de tourments n’existe pas, rejet du spiritisme et de l’utilisation d’images dans le culte, rejet de toutes les fêtes d’origine païennes, pratique de l’excommunication rompant les liens amicaux et familiaux, grande tribulation annoncée, etc
La différence concerne surtout l’observance de certains aspects de la Loi mosaïque (sabbat, interdits alimentaires, dîme…). Lien - Comparaison


1989 – Les Témoins de Jéhovah publient une brochure internationale intitulée Doit-on croire à la Trinité ? (Jésus-Christ est-il le Dieu Tout-puissant ?).


1996 : Théodore André Monod (1902-2000) est un scientifique naturaliste biologiste, explorateur, érudit et humaniste français. Il est « le grand spécialiste français des déserts », « l'un des plus grands spécialistes du Sahara au XXe siècle. Militant antinucléaire, antimilitariste, non violent, de défense des Droits de l'homme, de l'animal, il défend le droit à la vie.
Théodore Monod est protestant du courant libéral, unitarien et paroissien à l'Oratoire du Louvre (temple protestant rue de Rivoli).
Il a été président d’honneur à la tête d’une nouvelle association unitarienne chrétienne, fondée en 1996 par Albert-Blanchard-Gaillard, l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens qui est toujours active. Elle est en continuité avec l’Eglise unitarienne de Transylvanie ; en partenariat avec les autres associations chrétiennes unitariennes : Unitarian Christian Association (Grande-Bretagne), Congregazione italiana cristiano unitariana (Italie) et celles d’Afrique noire francophone (Burundi, Congo Brazzaville, Congo Kinshasa, Togo).


De nos jours, plusieurs courants chrétiens minoritaires réfutent le dogme de la Trinité :
Plusieurs mouvements dérivant des premiers étudiants de la Bible : les Témoins de Jéhovah (nom adopté en 1931), l’Association philanthropique des Amis de l'Homme (se basent sur les écrits de Freytag), les étudiants de la Bible de l’aurore (restés fidèles à l’enseignement de Russell – Lien - Qui est Jésus?), le Mouvement missionnaire intérieur laïque (MMIL), etc.

L'Église unitarienne, après une existence difficile (Contre-Réforme, Communisme), est toujours présente en Transylvanie, parmi la population hongroise, avec environ 70.000 fidèles.
Citons également l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (ou Mormons, se basent aussi sur les écrits de Joseph Smith ), l'Église Unitariste, l'Eglise de Dieu (Septième jour), les Christadelphes, l'Église universelle de Dieu, certains groupes adventistes …



● La compréhension des Écritures a été acquise grâce à la sincérité et la logique

Dieu nous a donné des capacités intellectuelles et de réflexion inestimables pour nous permettre de comprendre le monde et sa parole la Bible.
Nous ne pouvons nous contenter de suivre un groupe par tradition, culture, habitude, peur… Nous ne pouvons nous contenter d'obéir et de faire aveuglément confiance.
Nous ne pouvons admettre des doctrines incompréhensibles et mystérieuses imposées par des hommes puissants appartenant au clergé ou à la politique.
Les nombreuses personnes qui ont été précédemment citées, et dont la liste n’est pas exhaustive, ont démontré un courage exemplaire. Elles ont parfois tous perdu et subi les tortures les plus abominables et indescriptibles. De ce fait, elles méritent tout notre respect et notre considération.

Qu’ont compris les nombreux chrétiens sincères qui ont étudié profondément les Saintes Écritures avec méthode et rigueur ?
- Dieu est unique. Il n’est pas composé d’un assemblage de 3 personnes. La doctrine de la Trinité qui a été imposée avec violence présente Dieu de manière floue et confuse, ce qui éloigne les personnes du Tout Puissant.
- Le clergé de la chrétienté s’est éloigné de l’enseignement du christianisme primitif. Il s’allie aux puissances politiques afin d’imposer par la violence des connaissances qui devraient être acquises par l’étude et la raison.
- Le baptême chrétien concerne uniquement les personnes adultes ou les adolescents qui ont personnellement pris la décision de se vouer en toute conscience à Dieu et qui s’engagent à suivre les traces du Christ.
- L’enfer de feu n’existe pas. Son enseignement déshonore Dieu en le présentant comme un Dieu cruel et impitoyable.
- La mort est comparée à un profond sommeil. Les morts seront ressuscités lors du règne millénaire.
- Le rejet des indulgences et la justification par la foi.
- La nature de Jésus quant à elle reste à éclaircir car les différents mouvements unitariens diffèrent dans leur vision du Messie. Certains croient en la préexistence de Jésus et le considèrent comme notre Sauveur (comme Johannes Campanus et Gonesius). D’autres le considèrent comme un simple humain, prophète et guide spirituel (comme Fausto Saucin et James Freeman).

Globalement, on comprend clairement que plus l’on étudie la Bible, plus on s’éloigne des grandes religions chrétiennes qui prétendent représenter Dieu sur terre.
Comme l’a déclaré Isaac Newton, il appartient à chacun d'étudier soi-même la Bible, pour découvrir la vérité, et de ne pas s'en remettre au jugement d'autres personnes influencées par leur intérêt, leur éducation ou une autorité quelconque. Il conseille : "d'interroger les Écritures toi-même, en les lisant souvent et en méditant en permanence ce que tu lis, tout en priant Dieu avec ardeur pour qu'il éclaire ton entendement ". Pour Newton, le culte chrétien demande un effort personnel.

Olivier

Un grand Merci aux contributeurs de – Chronologie antitrinitaire
ainsi qu’aux autres sites cités en référence et contenant des informations utiles à la rédaction de cet article.
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